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Le Château de Miremont |
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Construit sur
une plate-forme basaltique , entourés de fossés creusés dans la roche ,
protégé par des remparts imprenables qui ceignent la basse-cour , et d'un
mur ou contrescarpe qui clôt la haute cour , il domine la vallée de la
Dordogne. Son front altier défie le temps.
L'étymologie du
mot nous informe qu'il s'agit d'un lieu de surveillance :
Mire (observer , guetter)
Mont (hauteur , du latin mons)
Miremont forme
un carré long , assez régulier qui se dirige de l'est à l'ouest. Bordé de
toutes part par des escarpements ou des pentes rapides , il se rétrécit
vers l'ouest : partie où le fort avait été construit , formé des
fortifications en avant , répandu à l'est par un rempart en maçonnerie.
A l'extrémité méridionale du rempart se trouve la porte
d'entrée , protégée par un fossé et un pont-levis , et surmontée par une
tour carrée. Au midi , l'enceinte se compose d'un mur en terrasse. A
l'ouest , le mur d'enceinte forme des angles saillants et rentrants. Il ne
reste plus du château que quelques pans de mur et deux tours ruinées. Hors
de l'enceinte et de l'aspect du nord , on voit les substructions d'un
bâtiment désigné sous le nom de "chapelle des huguenots".
Des origines de
Miremont on sait bien peu de choses. La beauté du site et la présence de
nombreux pieds de buis , une essence qui ne pousse pas naturellement dans
nos régions et donc forcément implantée , et fort prisée des Romains ,
étaient l'hypothèse de fondation romaine en ces lieux , sans aucune
certitude cependant.
L'histoire commence au Moyen Age , jusqu'au XVIIIème siècle , dans ce fief
fortifié , qui commande la circulation sur la Dordogne.
Les premiers
seigneurs dont l'histoire nous rapporte les noms remontent à la fin du
XIème siècle.
Vont se succéder du XIème au XVIIIème siècle , trois grandes familles :
- les Seigneurs Mauriac-Miremont (1075 à 1347)
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le château appartient à Pierre Aimar de Miremont , premier seigneur
dont l'histoire nous rapporte le nom , qui vivait qu XIème siècle vers 1050 ,
la jalousie de son frère qui voulait tout posséder l'entraîna dans
d'interminables batailles fratricides.
Pierre Aimar de Miremont eut deux fils : Bernard et Guy. L'aîné hérite du
château mais il ne revint pas de son pèlerinage en terre sainte et dons le
château revint à son frère.
Dans la succession généalogique des seigneurs de Miremont , on retiendra
Gédoin de Miremont qui eut trois fils et deux filles. En 1347 , ses filles
Marthe et Marguerite devinrent coseigneurs de Miremont. |
- les Seigneurs de Saint Exupéry (1347 - 1576)
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la famille Saint Exupéry , connue depuis le XIIème siècle était originaire
du Limousin. La branche aînée s'allia aux Miremonts. Vers 1330 , Marthe de
Miremont épousa Hélie de Saint Exupéry. Ils eurent trois fils , l'aîné
hérita du château. En 1347 , après une guerre de 17 ans , le château
devint un site stratégique anglais assiégé par Badafol. En 1378 , contre
une rançon de 5000 livres , Badafol accepta de quitter le château.
Après Hélie de Saint Exupéry deuxième , Guy de Saint Exupéry hérita du
château en 1548. Après sa mort le château revint à sa femme , Madeleine
de Saint-Nectaire. |
- les Seigneurs Bourbon - Malause (1576-1746)
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avec l'union de Françoise de Saint Exupéry , fille de Madeleine de Saint-Nectaire , et d'Henri Bourbon-Malause , le château de Miremont devint
un fief huguenot (surnom donné par les catholiques français aux
calvinistes).
Des batailles ravagèrent Miremont et les derniers descendants de Saint
Exupéry vendirent la seigneurie de Miremont.
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| Les
gabares |
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Aujourd'hui les barrages
se succèdent sur la Dordogne , laissant derrière eux des lacs tranquilles
sur lesquels on peut voir passer des gabares.
(photo)
Si elles sont
aujourd'hui chargées de touristes , ces grandes embarcations servaient
pour le transport des marchandises sur les rivières et les estuaires.
L'itinéraire des gabariers était encombré de nombreux passages dangereux
de Bort les Orgues à Bergerac.
Des pêcheries , plusieurs sauts , des rapides , des îles , des ruines de
pont , des rocs entraînant des tourbillons , des gorges les plus profondes
multipliaient les difficultés pour les gabariers.
Sur le chemin de rive se trouvait Nauzenac qui apparaissait au "pied" du
gouffre de l'Aiguille et dont le pont suspendu traversait une Dordogne qui
s'étalait sur les galets en une nappe limpide. On y fabriquait du merrain
et jusqu'au début du siècle , de la carassonne (piquets de châtaigniers
destinés aux vignes) et des bateaux.
Des prairies , des virages rapides , l'inaccessible Rocher de l'Aigle ,
des confluents , le Port de la Ferrière , et ils arrivaient à Spontour ,
ancien port d'embarquement , de constructions et de passage.
De nombreux passages étroits et très dangereux , puis ils arrivaient à
Argentat (83 Km de Bort) chef-lieu de la navigation sur la haute Dordogne.
Après avoir franchi le confluent de la Mémoire , la Dordogne devient plus
calme et contourne Beaulieu.
Quand elle quitte la Corrèze pour entrer dans le Lot , elle devient plus
facilement navigable. La ville de Bergerac franchie , un barrage de 4 à 5
m , franchi par des écluses , rendait la rivière navigable en toutes
saisons.
La gabare fut rendue célèbre par le feuilleton français
"La Rivière Espérance" , tiré du roman de Marcel Signol.
Dans une gabare , il fallait 3 hommes et chacun avait
un poste fixe : deux hommes aux avirons pour ramer , diriger la gabare et
au minimum un homme au gouvernail. Ce navire pouvait avancer à l'aide
d'une voile. Pour remonter , le courant , des boeufs tiraient les gabares
, ils étaient loués de lieue en lieue par des paysans qui habitaient en
bordure du chemin de halage sur le rivage.
On ne pouvait pas devenir gabarier avant 15 ans. Il y avait des risques
dans ce métier car la gabare pouvait couler , les hommes tomber à l'eau et
se noyer car beaucoup ne savaient pas nager. Ils étaient payés par le
propriétaire du bateau.
Le bateau qui servait à transporter des marchandises , se fabriquait en 5
ou 6 mois minimum , avec 6 ouvriers. Il était fait de chêne , était très
résistant. Une gabare pouvait porter 105 tonnes de marchandises et
mesurait entre 15 et 25 m de long.
Du Massif Central à Bordeaux , elles transportaient de la farine , du blé
, du vin , du bois , et , dans le sens inverse , elles ramenaient de la
marchandises apportée de l'étranger par de gros bateaux pour les
épiceries.
Torrentueuse en hiver , presque à sec en été , la Dordogne n'était
navigable que pendant une période très courte. C'était en effet la fin du
printemps lorsque les eaux de la neige achevaient de s'écouler , ou au
début de l'automne quand les premières pluies gonflaient son cours asséché
par les chaleurs de l'été, que la navigation devenait possible.
La période navigable était donc très courte : un mois chaque année , deux
dans les années exceptionnelles.
On construisait des gabares le long de la rivière partout où il y avait du
fret (du bois à descendre vers l'aval). Parfois les chantiers étaient
éphémères , établis uniquement pour l'exploitation d'une coupe de bois
isolée , où l'on débitait et chargeait le bois venu par flottage de
l'amont.
Les difficultés du flottage lui faisaient préférer le transport par
gabares construites sur place et à peu de frais , et sur lesquelles on
chargeait le bois.
Les gabares transportaient aussi les productions locales dont la Dordogne
fut longtemps la principale voie d'évacuation.
(Les transports de charbon étaient réputés dangereux de par la densité du
matériau. On avait souvent des difficultés à trouver les équipages pour
les mener. On employait alors pour ces transports des bateaux de
dimensions réduites).
Arrivé à destination , le bateau était vendu avec sa cargaison , soit à
part , au quart ou au cinquième de sa valeur d'origine. S'il était encore
en état , il était parfois conservé , après avoir été renforcé , pour
servir d'allège. Sinon il était déchiré , c'est à dire démoli , pour
fournir du bois de chauffage ou de clôture.
Les gabariers remontaient alors à leur point de départ pour effectuer une
autre descente si les eaux étaient favorables , d'autres bateaux les y
attendaient tout chargés. Cette remonté se faisait à pieds , ils
n'effectuaient donc que 2 ou 3 descentes par an. L'avènement du chemin de
fer assurant un retour plus rapide , certains équipages arrivaient alors à
descendre jusqu'à dix bateaux dans la saison.
Très souvent les gabariers étaient propriétaires de leur cargaison , fruit
de leur travail de l'hiver. Durant dix mois de l'année , en dehors de la
pêche , ils étaient bûcherons. Leur grande scie qui les suivait partout
étaient surnommées "bannière d'Auvergne". Ils participaient à la
construction de leurs bateaux , qui , le moment venu , partaient pour leur
unique voyage sans retour.
On peut considérer que la navigation de la Haute Dordogne cessa en 1914.
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Le Barrage de
l'Aigle - Fief de la Résistance. |
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En 1930 , on avait sondé et
reconnu l'emplacement de ce qui deviendrait le Barrage de l'Aigle. Débutée
en 1935 , la construction du Barrage n'a été terminée qu'en 1945. Fief de
la Résistance , il reste le lieu symbolique des "Anciens du Barrage et de
ses Maquis" qui ont volontairement retardé sa réalisation pour ne pas
donner une puissance énergétique supplémentaire aux Allemands.
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La Résistance
avant d'être un engagement fut un état d'esprit. Le chantier de l'Aigle ,
dès ses débuts , accueillit parmi ses travailleurs des personnes qui
avaient toutes les raisons de détester l'Allemagne du moment et
l'idéologie qu'elle incarnait : des prisonniers évadés , des militants
anti-fascistes venus d'Espagne , d'Italie , ou d'ailleurs... Bref , un
ferment favorable qui , plus tard , avec l'arrivée soucieux d'échapper au
travail obligatoire en Allemagne , allait pouvoir se développer.
C'est à Clermont Ferrand , au sein des bureaux de la 13ème Région
Militaire que prit forme l'Organisation de la Résistance Armée.
Un minimum de personnes seraient au courant des objectifs de la mission et
des obligations y afférent:
- faire
constituer clandestinement en prévoyant l'utilisation du matériel des
entreprises et de leurs personnels les plus sûrs , un centre d'accueil
pouvant assurer le fonctionnement d'un Etat Major de commandement
opérationnel avec les liaisons et la protection nécessaires;
- créer , en principe à l'insu des intéressés de rang , des unités
combattantes légères dotées de moyens de transport permettant d'agir
contre l'occupant en protégeant les barrages et en participant à la
poursuite;
- ne rien dévoiler de l'organisation et n'entreprendre aucune action
visible avant instructions formelle ou soulèvement national ;
- maintenir un contact direct avec les officiers venus à Mauriac.
L'organisation de la Résistance du Barrage constitua l'O.R.A.
du Cantal.
1940 , le matériel militaire fut dissimulé de manière à figurer
dans l'état des inventaires propres au chantier.
La deuxième étape de l'O.R.A. débuta par un repas pris
à Mauriac à l'Hôtel de la Gare qui constitua une sorte de centre d'accueil
pour les activités officielles ou clandestines gravitant autour du
chantier de l'Aigle.
L'O.R.A. s'affirmait vigoureusement apolitique faisant confiance à la
démocratie une fois retrouvée pour la mise au point de nouvelles
institutions après le départ des Allemands , évitant tout ce qui pouvait
se rattacher à une levée en masse prématurée faute d'armement suffisant et
rejetant dans un premier temps toute action trop voyante qui comporterait
des risques de représailles.
Au début de 1943 , si le choix et l'organisation de camp d'accueil et de
formation pour un millier de volontaires peut attendre , la priorité
restait pour l'O.R.A. cantalienne de se procurer des armes à l'échelle des
besoins réclamant des parachutages. Pour cela le groupe de la résistance
du Barrage de l'Aigle devait faire transiter ses demandes pressantes par
les services de l'O.R.A. à Clermont Ferrand dans des conditions
difficiles.
L'équipe de parachutage allait être créée. Il fallait prévoir un certain
nombre de réceptions pour en communiquer l'emplacement à Londres , aux
alliés. Londres demanda à l'O.R.A. régionale d'organiser toutes les nuits
la garde d'un terrain de secours où les avions ayant des difficultés avec
le terrain destinataire pourraient larguer les containers affectés à la
région. L'O.R.A. régionale délégua cette mission au groupe du Barrage. Un
terrain situé aux environs d'Anglards de Salers , à bonne distance de
Mauriac , fut proposé.
Le premier parachutage destiné au Barrage de l'Aigle eut lieu dans la nuit
du 12 au 13 août 1943 au terrain de la Forestie. Le message radio
annonçant le largage fut "Orion pavoise le ciel".
Par la suite , les parachutages se succédèrent :
- novembre 1943 : "la prairie est une dame verte"
- décembre 1943 : "la sauterelle est un animal nuisible"
Ce fut tout pour la période de clandestinité , les parachutages suivant
n'auront lieu qu'après le débarquement.
La période de clandestinité fut pour l'O.R.A. du Barrage de l'Aigle , un
temps de mise en place car la règle était d'éviter les actions trop
voyantes. De ce fait , pas d'organisation très structurée. De même , au
delà du noyau de départ , on ne recherchera pas d'embrigadement des
résistants. Les responsables savaient avoir l'écoute du plus grand nombre
des personnels , surtout après que l'on eut établi le S.T.O. , le Barrage
accueillant de nombreux réfractaires.
Au gré des besoins , on conviait les uns ou les autres à participer à
telle ou telle mission.
Hormis quelques tâches précises : réception de parachutages ,
dissimulation du matériel , liaison , protection des barrages et des
chantiers , la vis des résistants était faite d'une série d'évènements
quotidiens , le plus souvent ordinaires , parfois très inquiétants.
Par deux fois en 1943 les colonnes allemandes encerclèrent le chantier de
l'Aigle , mais à chaque rafle , les responsables sont prévenus et peuvent
soustraire les hommes en situation irrégulière ainsi que les maquisards
blessés soignés à l'infirmerie.
Début avril 44 , nouveau ratissage sur l'Aigle , mené depuis Aynes et
Soursac... Echec...
Du 11 mai au 3 juin , ce sont des compagnies de régiments de sécurité qui
parcourent le site et ses abords , sans plus de succès.
Le 6 juin 44 , la résistance apparaît au grand jour dans le Barrage. Le 14
juillet 44 , la Anglais parachutent des armes aux résistants du Barrage.
Trois semaines plus tard , c'est l'engagement des combats.
Le 24 août , à Saint - Poncy (Nord de Saint - Flour) c'est l'ultime
bataille qui marque la libération du Cantal.
A la fin de l'été 44 , arrivent à l'Aigle les 117 Allemands fiat
prisonniers à Ruyères. D'autres suivront.
Les 7 et 8 décembre 44 , une crue exceptionnelle oie le chantier. En juin
47 , 214 prisonniers allemands travaillent encore à la construction des
barrages.
La mise en eau de l'Aigle commence le 19 juin 1945 pour se terminer le 2
septembre de la même année.
Les résistants du Barrage ont également combattu en Allemagne d'où ils ne
sont pas tous revenus.
Le 6 septembre 1986 , avait lieu l'inauguration de la stèle souvenir sur
le parapet du couronnement du Barrage de l'Aigle :

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Le village de Nauzenac |
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Le port de Nauzenac abritait autrefois
un village portant le même nom. C'était une petite plaine , le village le
plus important de la vallée. Il comptait une quinzaine de maisons
d'habitation dont deux auberges , deux moulins , trois fermes , mais aussi
une église et une école.

En 1883 , le Père
Serres a pitié des habitants de ce village perdu dans les bois et décide
d'installer un ermitage et d'envoyer deux religieuses pour soigner les
malades (épidémies) et apprendre la catéchisme aux enfants. Il décide de
restaurer la chapelle qui tombe en ruines afin de maintenir le culte de
Sainte Madeleine. La Sainte y est invoquée par les bateliers pour une
heureuse descente de la rivière. "Elle erre chaque nuit dans la Dordogne
en sanglotant." raconte les gabariers. Un pèlerinage a lieu le 22 juillet.
A Nauzenac , on fabrique des merrains , des carrassones , et des bateaux.
La pêche est pour les habitants de ce val le revenu principal. Les hommes
pêchent au filet et la vente du poisson est assurée par les femmes. Le
lundi et le vendredi elles se rendent au marché de Mauriac avec leur âne.
Les autres jours , elles vont dans les hameaux et dans les fermes du
plateau. Les auberges servent les poissons fraîchement pêchés.
Le pont suspendu est construit en 1850 comme chemin de grande
communication entre Mauriac et Limoges.
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