Madeleine de Saint Nectaire

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     Pendant la longue lutte entre la France et l'Angleterre , les Anglais ne pouvaient négliger un château qui leur assurait la passage de la Dordogne et qui protégeait les communications entre le château de Ventadour , leur principale place , et la Haute Auvergne.
     Les guerres de religion furent moins désastreuses pour la Haute Auvergne que la guerre des Anglais. Peu de localités furent à l'abri des ravages des troupes des deux partis. La plupart des villes et un assez grand nombre de châteaux furent attaqués ou pris , le château de Miremont fut de ce nombre. Henri de Bourbon , Vicomte de Lavedan, qui avait épousé l'héritière de la maison de Miremont , était le chef des protestants de la Haute Auvergne. Le 28 juin 1574 , Montal , M. de St-Hérem et M. de Cornusson envisagent de joindre leurs forces et auraient alors 2000 hommes de pieds et plus de 500 chevaux avec 5 pièces d'artillerie.
Les religionnaires , avertis de ces préparatifs , abandonnèrent la ville de Mauriac , après l'avoir démantelée , et se retirèrent à Miremont.
     La délivrance de Mauriac n'était pas le seul but de M. de St-Hérem ; il avait pris envers les Etats , l'engagement d'assiéger le château de Miremont , il y était en outre poussé par Montal qui nourrissait une inimitié profonde contre Madeleine de Saint-Nectaire , et qui espérait en s'emparant du château la faire mourir et ruiner sa maison.
    Les forces réunies par St-Hérem étaient considérables (6000 hommes). Montal établit auprès du château un camp pour surveiller la garnison et mettre un terme à ses causes désastreuses. Madeleine de Saint-Nectaire , qui avait sous ses ordres une compagnie de cavalerie de 60 gentilshommes qu'elle avait formés elle même , faisait de fréquentes sorties  et avait défait dans une rencontre deux compagnies de gens de pied , Montal , de plus en plus irrité et voulant mettre à profit la témérité de Madeleine , réunit 2000 hommes de pieds et 300 chevaux et envoya une compagnie faire du ravage à une lieue de Miremont. Madeleine sortit du château avec sa compagnie , prit avec elle quinze coureurs , laissa le reste de sa troupe en arrière , en leur disant de faire comme elle. Elle partit au galop pour aller attaquer la compagnie de Montal . Les ennemis qui étaient au nombre de quarante et auquel une montagne cachait le gros de la troupe de la Dame de Miremont , ne voyant que quinze chevaux les attendirent de pied ferme. Madeleine marchait , suivant son usage , 20 pas devant les siens , connue de tous à sa longue chevelure flottant sur sa cuirasse. Elle engagea le combat : aux premiers coups de feu que sa troupe entendit , elle accourut à son secours ., fit une nouvelle charge et mit les ennemis en déroute. Cependant , Montal , dont le stratagème avait réussi, sachant que la château était dégarni de ses meilleurs troupes , investit de près la place et en ferma l'entrée à Madeleine.
     Le courage de notre héroïne ne fut pas ébranlé : supérieure aux revers qu'elle venait d'éprouver , elle comprit que Miremont ne résisterait pas s'il n'était pas promptement secouru . Elle court à Turenne , elle n'y trouve que quatre compagnies d'arquebusiers à cheval. En attendant un plus grand secours , elle résolut de jeter cinquante arquebusiers (commandés par d'Alagnac) dans Miremont.
     Montal , averti , s'avance sur leur chemin à la tête de 120 hommes de pied bien choisis , et d'un pareil nombre de cavaliers. Il arrive dans un défilé resserré entre deux montagnes. D'Alagnac charge avec résolution l'infanterie et la force à se replier . Montal s'avance pour la soutenir ; la Dame de Miremont , qui n'avait que 50 chevaux prend la charge et renverse toute la cavalerie . Montal , frappé d'un coup à travers le corps , fut tombé dans la foule de son armée qui accourrait à l'alarme. Le lieu étant fort étroit , les gens de pied ne perdirent que fort peu d'hommes ; ils furent obligés de lever le siège tout en sauvant leur chef qui fut transporté dans un château à une demie lieue de là. Il y mourut quatre jours après.
     La nécessité de se défendre avait mis les armes à la main de Madeleine de Saint-Nectaire , elle les déposa après la mort de Montal et ne prit plus aucune part aux guerres religieuses qui se prolongèrent pendant plus de 15 ans.

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