Chalvignac ...Au fil de la Dordogne

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Géographie Histoire

Ecritures anciennes:
Duranius , Sidoine Appolinaire , Vème siècle
Dorodonia , VIIIème siècle , Grégoire de Tour
Dornonia , VIIIème - Xème siècles
Dordogne , vers le XIIème siècle

Géographie :

    La Dordogne l'une des plus belles rivières de France , prend sa source dans le massif volcanique du Mont-Dore , sur les pentes du Puy de Sancy , à 1720 mètres d'altitude.
Son cours s'étend sur près de 500 km pour rejoindre , pratiquement au niveau de la Garonne , l'estuaire de la Gironde , de 82 km de long.
     La Gironde est d'ailleurs parfois considérée comme un des bras de mer distinct de la Garonne , servant d'estuaire commun à deux fleuves indépendants , la Garonne et la Dordogne.

    De sa source à Beaulieu , c'est à dire la majorité de son cours supérieur , (excepté jusqu'à Saint Sauves où elle emprunte une vallée glacière et dons très élargie) elle est profondément encaissée , comme tous ses affluents, qu'ils viennent de zones volcaniques auvergnates ou des hauts plateaux limousins.
    A la Bourboule elle n'est déjà plus qu'à 839 mètres d'altitude et à 487 mètres à son entrée en Corrèze. Sous le Pont d'Argentat elle se trouve à 188 mètres. De seulement 29 mètres d'altitude à Bergerac , elle arrive à Sainte Foy à 5 mètres.


(Cliquez pour agrandir)           Copyright EDF

 

    A 18 km de sa source , elle quitte les terrains volcaniques et vient buter contre un réseau de fractures de la "caldera" de Haute Dordogne (dépression d'origine volcanique effondrée depuis 3 millions d'années) qui lui fait amorcer son premier coude important. Elle traverse ensuite , la plaine de Saint Sauves , avec ses pairies  , ses bois de sapins et ses boqueteaux de feuillus , hêtres et bouleaux principalement. Elle est alors presque devenue rivière. Elle quitte sa base granitique en franchissant la "faille de St Sauves" (accident tectonique majeur).
    Elle creuse ensuite, comme ses premiers affluents , dans les plateaux de terrain anciens , une profonde vallée qui débute par les gorges d'Avèze, où dominent les forêts de sapins , et ne se termine qu'à l'ouverture de la plaine d'Argentat.
    Du confluent du Chavanon , affluent de la rive droite , à celui de la Rhue , en dessous de Bort les Orgues , la vallée se faisait plus viable et donc plus humaine , avec des bassins plus vastes permettant des cultures et des prairies. Des fermes , des hameaux et même quelques villages avaient pu s'y installer (Port Dieu). Une bonne partie de ces paysages ont disparu avec la mise en eau du Barrage de Bort.
    Au pied des Orgues , la Dordogne doit forcer son passage ; elle a creusé pour y parvenir , des gorges profondes et inhospitalières.
    A partir du Pont de Vernejoux , la vallée parvient à s'élargir pour laisser la place à de petits bourgs (Nauzenac , St Projet , Spontour ...)
    Quand elle atteint la plaine d'Argentat , ayant reçu de nombreux affluents , elle quitte ses gorges pittoresques. Elle se resserre de nouveau jusqu'à Beaulieu pour entrer dans sa partie aquitaine , pays des calcaires et des grès. Désormais , même si parfois elle doit encore se creuser un passage , créant ainsi des falaises à pic et passant parmi de nombreux écueils dans une vallée plus large , devenant peu à peu un "fleuve".

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Histoire :

    De tous temps , la Dordogne servit de voie de communication. Les hommes préhistoriques seraient eux mêmes remontés par les fleuves et les rivières. Les premières traces de la présence de communautés humaines remontent au paléolithique ancien (+ de 150 000 ans). Des bifaces retrouvés sur les plateaux dominants la Cère et la Dordogne appartenaient sans doute à des tribus de chasseurs qui avaient remonté la rivière. Les hommes du Neandertal vécurent il y a quelques 50 000 ans dans l'abri sous la roche de la Chapelle aux Saints (les chanoines Bardon et Bouissonie découvrirent les restes d'un crâne en 1908).
Après le retour du climat tempéré, à partir de 10 000 ans avant notre ère , la Dordogne devient véritablement un "axe de vie".
Quand les hommes découvrent l'agriculture et l'élevage , il y a 6 000 ans , ils s'installent peu à peu sue les plateaux dominant les vallées de la Dordogne et de ses affluents.
De 4 000 à 1 500 avant notre ère , il reste des tumulus , des dolmes  et des menhirs.
    Vers le VIème siècle avant notre ère , les Celtes s'installent le long de la vallée qui devient , dans sa partie haute , frontière entre deux puissants peuples , les Arvernes et les Lémovices qui ne se réconcilieront que pour résister à Jules César. La prise d'Uxellodum , non loin probablement de Beaulieu , met fin à toute résistance gauloise. Avec la "pax romana" (paix romaine) , la Dordogne devient un axe important de circulation et d'échanges. Des villes et des villages naissent , en particulier près des gués (Argentat , Port Dieu ...).
Avec la chute de l'empire romain d'occident arrivent et s'implantent ceux que l'on nomme les barbares. Avec la mise en place de la féodalité et du pouvoir de l'Eglise , la circulation sur la Dordogne devient importante.
    Les différentes invasions , les guerres (en particulier celle de cent ans) perturbèrent très souvent les flottages ou cette navigation.
La Dordogne , comme d'autres grands axes fluviaux , permit aux idées protestantes de remonter son cours. A Beaulieu et à Argentat , une majorité de la population était acquise aux idées nouvelles.
    En 1776 , alors que Louis XVI voulait développer ses forces navales , il fit promulguer une ordonnance maritime qui étendait à tout le royaume le classement des gens de mer , réservé auparavant aux seuls pêcheurs , bateliers et mariniers des villes côtières. Elle fut elle même modifiée en 1786. En 1781 , un gabarier recruté comme matelot recevait , au service du Roi , 12 livres par mois.
Argentat dépendait de Bergerac et de Bordeaux. Comme pour toutes les conscriptions , il y eut des injustices et puis elle entravait le travail : il existait dons un volant de récalcitrants et de déserteurs.
    Comme partout en 1789 , dans le royaume , les communautés d'habitants des villes de la vallée se rassemblèrent pour écrire leur cahier de doléances. Fin juillet , le bruit se répandit que les brigands tuaient et pillaient tout sur leur passage. La panique fut à son comble , par exemple sur le port d'Argentat , toutes les embarcations étaient prises d'assaut pour fuir. Les pères Récollets réussirent non sans mal à ramener un semblant de calme. On organisa la résistance ... mais évidemment personne ne parut. Les hommes de la vallée étaient armés , la révolution était en route.
    Le XIXème siècle fut celui du développement des routes et surtout de la création des voies de chemin de fer.
    Le XXème siècle vit la construction des barrages ce qui changea complètement la physionomie de la vallée. De 1930 à 1932 , les reconnaissances et les travaux préparatoires des premiers barrages sur la Dordogne sont entrepris. Ces constructions vont bouleverser le monde si particulier et si fragile de la vallée. Il est difficile d'imaginer aujourd'hui les changements survenus.


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La construction des barrages a entraîné la venue d'une main d'oeuvre nombreuse , en particulier des espagnols , anciens combattants républicains chassés par Franco , ainsi que bien des volontaires des brigades internationales. Le 11 novembre 1942 , l'Allemagne décide d'occuper la zone dite libre. Elle entendait évidemment profiter au maximum des ressources économiques de ces régions , en particulier des ressources hydroélectriques.
En février 1943 , le premier camp de réfractaires au S.T.O. se met en place dans une grotte située sous le village de Bousquet , dans les gorges de la Luzège. D'autres camps s'installent dans la vallée bien ç l'écart de la Dordogne.
Dès le printemps 1944 , les sabotages s'accentuent sur les lignes quittant Marèges si bien que , début mai aucun kilowatt ne quitte le poste de la Môle.
Dès le 6 juin , les actions ennemies se multiplient , celles des résistants aussi.
Les maquisards peuvent être fiers : les barrages sont intacts et seront prêts à entrer en service dès la libération.
La Dordogne vient de vivre une grande page de son histoire.

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